mercredi 9 septembre 2026 à 17h30
Génocide à Gaza : Israël veut déplacer les Palestiniens et confirme son projet de nettoyage ethnique
Israël est prêt à déplacer les habitants de Gaza hors du territoire ravagé par le génocide si les États-Unis donnent leur feu vert, a déclaré mercredi 2 septembre son ministre de la Défense, évoquant des transferts « par la mer et par les airs ». Une nouvelle étape dans le projet de nettoyage ethnique de l'état génocidaire.
Migration ? Déplacements forcés. Le ministre de la Défense israélien a confirmé le projet de nettoyage ethnique de la bande de Gaza en se disant prêt à expulser les habitants en proie au génocide. « En définitive, il n'existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration » de sa population, a ainsi déclaré Israël Katz lors d'une conférence organisée par le site d'information israélien Ynet mercredi 2 septembre.
Le lendemain, son collègue d'extrême droite Itamar Ben Gvir a surenchéri en présentant une proposition de campagne pour vider la bande de Gaza de sa population palestinienne qui serait envoyée à l'étranger. Cet habitué des saillies racistes dit souhaiter le départ de 250 000 Palestiniens de Gaza en un an, puis du reste des quelque deux millions d'habitants de ce territoire ravagé par la guerre entre Israël et le Hamas au cours des six années suivantes
L'an dernier, le président américain Donald Trump avait proposé de « faire le ménage » en transférant les quelque deux millions d'habitants de Gaza vers des pays comme l'Égypte et la Jordanie, avant de rétropédaler face au tollé. Selon le ministre de la Défense israélien, le président états-unien « n'a pas renoncé à son idée, il l'a seulement suspendue » face à la pression de pays arabes. « Mais le plan n'est pas remisé, il fait l'objet de discussions en permanence, même en ce moment », a assuré le proche de Benyamin Netanyahou.
Crime de guerre
Sans dire d'où il tenait ce chiffre, Israël Katz prétend que « 80 % (des Gazaouis) veulent partir », mais que le Hamas « les en empêche ». Le gouvernement israélien est « organisé, et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles », a-t-il ajouté. « Mais pour que cela se produise, nous avons besoin des États-Unis. Quand donneront-ils leur accord ? Lorsqu'il deviendra clair que le Hamas ne remplit pas ses obligations » dans le cadre des négociations autour du plan de paix défendu par les États-Unis, a-t-il poursuivi.
Ces nouvelles déclarations ne viennent que confirmer le projet de nettoyage ethnique des Palestiniens de la bande de Gaza envisagé par Israël. En février, Bezalel Smotrich, ministre des Finance du gouvernement d'extrême droite avait même proposé d'élargir cette mesure aux Palestiniens de Cisjordanie.
En mars, une agence spéciale a été créée au sein du ministère de la Défense, chargée d'orchestrer l'expulsion massive de Palestiniens de Gaza, toujours sous couvert de réinstallation « volontaire ». Bezalel Smotrich avait alors déclaré que cette nouvelle « Autorité d'émigration » mènerait une « opération logistique de grande envergure » visant à relocaliser les Palestiniens de Gaza et à leur trouver des pays de destination. Pour rappel, le déplacement forcé d'une population civile est un crime de guerre, au regard du droit international.
Surenchère électorale
Signe que les élections approchent et que tout est bon pour faire monter les enchères électorales, le ministre d'extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a affirmé jeudi 3 septembre vouloir le départ de 250 000 Palestiniens dans l'année à venir puis le reste de la population au cours des six prochaines années.
Il a publié une brochure de 20 pages, intitulée « programme de travail national pour le transfert volontaire de la bande de Gaza » et que l'Agence France-Presse (AFP) a pu consulter. Si Ben Gvir et ses consorts multiplient ce type de déclarations, le gouvernement israélien n'a pour l'heure annoncé aucune mesure concrète.
« C'est réaliste », a toutefois assuré dans une allocution télévisée le ministre de la Sécurité nationale. Il a également affirmé que plusieurs pays étaient « prêts » à accueillir les Gazaouis, sans pour autant préciser lesquels. « On doit pousser à l'émigration des habitants de Gaza », a-t-il détaillé, tout en assurant qu'il ne s'agissait pas de « forcer » les Palestiniens à quitter leurs terres. Le ministre a ajouté que son parti « Force juive » allait exiger « un ministère chargé de l'émigration » lors de la formation du prochain gouvernement, soulignant que son plan était « concret » et « le fruit d'un an et demi de travail ».
Théo Bourrieau
L'Humanité du 04 septembre 26
Source : message reçu le 5 septembre 07h